|
Hyperliens Rwanda : Survivre à un génocide Site documentaire sur le Rwanda Site touristique sur le Rwanda Site touristique sur le Rwanda Site touristique sur le Rwanda Rwanda. A travers nous, l'humanité... *L'UQAR n'est aucunement responsable du contenu des sites externes |
Français | English
Thèmes et axes Le colloque abordera la problématique des mises en discours du génocide sur quatre axes différents. Un premier axe touchera les questions relatives à la mise en forme discursive, à la gestion et à la transmission de la mémoire de l'anéantissement dans une perspective psychologique. Les sociétés contemporaines prennent conscience des rouages et de l’ampleur du génocide au fur et à mesure que le travail de deuil s’accomplit, c’est-à-dire progressivement et par paliers de signification collectives. Aussi convient-il s'interroger sur les différents procédés de dénomination du génocide, processus de sémantisation qui participent à sa « dé-réalisation », sa normalisation, voire sa banalisation. La question de la réintégration sociale des victimes et de leurs bourreaux au même socle sociétal paraît donc inextricablement liée à l'institutionnalisation de la mémoire historique, grâce à la mise en place d’un réseau de signification qui repose sur les poches de sens qu’ouvrent les politiques linguistiques de nominalisation. Ce qui débouche sur le paradoxe du savoir comment assurer la transmission « fidèle » des discours, des mots/maux du génocide, de ses séquelles, la parole des survivants étant soumise à l'idéologie d'une mémoire qui répond d'abord aux impératifs de la Realpolitik des sociétés post-génocidaires ? Un deuxième axe sera consacré à la pédagogie. La vocation de l'institution scolaire consistant à établir le lien entre l'écriture, la lecture et la compréhension du monde, il faudra s'interroger sur les outils pédagogiques susceptibles de transmettre le savoir humain aux générations futures. L'enjeu de cet enseignement sera primordial pour l'avenir du Rwanda, ainsi que pour les autres pays de la région des Grands Lacs. Le colloque cherchera à montrer qu'il l'est également pour l'ensemble de la communauté internationale en raison de son implication (non-intervention, manque de prévention et silence médiatique) dans le génocide. Il s'agira ainsi de montrer l'importance capitale de l'enseignement dans le contexte de la globalisation des échanges des marchandises et des idées. Le troisième axe du colloque sera consacré à l'expression sémiotique et artistique. Étroitement liée aux autres axes, l'approche sémiotique des productions romanesques, autobiographiques et testimoniales consistera à montrer les contradictions par lesquelles la mise en discours de l’indicible passe nécessairement, tout en relevant aussi les interactions qui se forgent entre les récits de témoignage centrés sur la restitution de faits tels que vécus par les survivants, et les récits de fiction qui empruntent davantage à l'imaginaire commun, aux universaux auxquels recourt l’esthétique d’un genre scripturaire singulier (l’holocauste revisité de façon stéréotypale, par exemple). L'écriture littéraire, tiraillée entre le dire et l'indicible, devra également être envisagée sur la base d’une autre structure sémantique, celle de la ritualisation du deuil, qui cherche à créer des lieux de mémoire propices à la compréhension et au travail de réconciliation et de réappropriation d’espaces sociaux où réinvestir son « être » avec et parmi l’ensemble des Rwandais. Enfin, parce qu’ils participent à un genre discursif nouveau qui s’est initié au sortir de la Deuxième Guerre mondiale, et que l'on peut appeler récits de l'extrême contemporain, le témoignage littéraire du génocide au Rwanda s'inscrit dans le domaine sémantique du « vrai-non-vraisemblable ». Aussi convient-il de mesurer les enjeux des procédés de négociation de sens engagés entre les auteurs, sans négliger, bien entendu, tous les paramètres des enjeux de la réception, puisque ces mécanismes font sciemment partie de la mise en discours testimoniale. Il s’agit d’explorer et de mettre à jour les mécanismes de signification qui sont à même d’ouvrir des horizons habitables avec tout le poids du passé, pour que l’anéantissement ne ronge plus la mémoire et que des lieux de mémoire s’érigent et participent à la remise sur pied du possible national et international. Le quatrième axe concerne les aspects historiques et juridiques. On y présente une réflexion et des études sur la gestion symbolique et réelle du génocide, dans l’immédiat post-génocide et dans le cheminement accompli depuis lors tant au TPIR (Tribunal Pénal International pour le Rwanda) que dans les Gaçaças. Il s’agit de faire un bilan global de la situation juridique au national comme à l’international pour saisir l’impact que peuvent avoir tant les tribunaux institutionnalisés que les mouvements de base (grassroot) dans leur approche de la justice et de la résolution des conflits. Les communications présentées dans le cadre du colloque tournent par conséquent autour des quatre axes que sont :
|